Le bagou de Lou

Sa cuisine, toutes ailes déployées

Le grand saut.  Un passage qui effleure le rite.  Elle referme la porte, vous pousse presque dehors.    Dire que si elle avait été un garçon, vous l’auriez appelée Tanguy !   Quelques mètres carrés.  Son havre, son espace.   L’oiseau s’installe dans son nid.

Votre petite dernière entre en fac !  Elle quitte votre nid.  Elle a grandi et vous la regardez, petit bout de femme impatiente, encore naïve, enthousiaste.  Une lapalissade, vous ne l’avez pas vue grandir.  Vous la regardez aller et venir dans cet espace qui est désormais le sien.

Vous souriez, elle ne tient pas en place, vous regardez son visage s’éclairer à chaque ustensile de cuisine qu’elle découvre, sa forme, sa couleur.  Elle prend chaque objet en mains, le déplace, s’extasie, vous saute dans les bras et s’en arrache la seconde suivante.  Entre ses mains, chaque ustensile prend vie.

Un égouttoir, objet d’art

Elle pose son égouttoir comme un objet d’art, l’ajuste de quelques centimètres, vérifie la parallèle, l’effleure du bout des doigts, l’ouvre et le referme.  Elle ouvre l’armoire et vous la regardez ébahie passer sa vaisselle neuve sous l’eau et en tester la disposition, les assiettes plates, les assiettes creuses, les verres, elle vous apostrophe  «un égouttoir High and Dry maman ! ».  Elle vous fait lever, admirer l’ingéniosité du bec verseur qui écoule l’eau jusque dans son évier, vous fait la démonstration de la multiplicité des possibilités.  Vous souriez, vous vous souvenez de vos propres études, de la vaisselle qui avait tendance à s’accumuler d’un seul côté de l’évier.

Un chemin de table qui rassemble ou assemble

Vous vous asseyez à la table de la cuisine, vous caressez du bout des doigts le chemin de table en vichy rose, souvenir lointain de sa chambre de princesse.  Elle s’assied en face de vous, délaisse momentanément « l’égouttoir High and Dry ! », essoufflée de son propre enthousiasme, tête à tête silencieux.  Elle sait votre nostalgie, beaucoup de bruit pour rien ? non, elle repousse loin de sa cuisine votre vague de tristesse et continue sa démonstration.

Chemin de table ou tête à tête amoureux

Chemin de table ou tête à tête amoureux

Chemin de table, repas entre amis.  Elle se lève, attrape le tablier suspendu, le noue et vous dresse le paysage.  Elle vous dessine l’apéritif, la convivialité, les rires, elle dispose, et suit sa route.  « Idéal pour disposer les sauces », elle vous tend le plat compartimenté.  Vous riez du souvenir de ses dinettes de petite fille.  Vous jouez le jeu, vous regardez cette jeune fille qui déploie ses ailes.  Son tablier lui va si bien, elle vous emmène sur sa route.

Elle se lance sur sa route

Elle se lance sur sa route

Elle ouvre une armoire, farfouille, et revient.  « Pour une soirée fille ! »  Quel est le film qui vous a fait le plus pleurer ?, par quoi un homme serait-il le plus surpris s’il pouvait entrer dans le cerveau d’une femme ? ».  Elle n’attend pas votre réponse, rit d’imaginer les réponses de ses copines, dépose et parcourt ses quelques mètres carrés en tout sens.

Elle se penche, fait pivoter le chemin de table,  « tête à tête amoureux… ou amical, maman ! ».  Son sourire malicieux.  « Pour une ambiance feutrée, quelques ustensiles… ».  Elle virevolte ouvre ses armoires, dispose 2 bougies, une grenouille et votre cadeau de pendaison de crémaillère, un vase soliflore.  Elle éteint la lumière, tire un briquet de sa poche, vous coupe avant que vous n’ayez pu lui dire votre désapprobation.  « Pas aujourd’hui maman, regarde ».  Elle a construit son nid, la flamme des bougies en forme de cœur reflète sur les murs leur danse, découpe la spirale du vase soliflore Flower Loop.

La spirale de son énergie

La spirale de son énergie

Elle est là son visage rayonnant, assise en face de vous, ses ailes emplissent tout l’espace, elle s’envole une grenouille au creux de la main.  Vous entendez sa voix comme un murmure vous expliquer la plongée dans l’eau, l’émergence d’un prince.  Vous n’écoutez plus, vous la regardez elle, votre princesse qui faisait tourner sa robe et sautait dans les flaques, les nœuds de ses cheveux et cette manière qu’elle a encore de retrousser son nez.  Vous avez l’impression d’assister une nouvelle fois à sa naissance.

Elle a construit son nid, son cocon, ses ustensiles de cuisine, et sa couleur.  Son tablier noué sur ses hanches, ce A qui se découpe, elle se lance sur sa route, elle s’éloigne sans vous quitter.  Petit bout de femme, votre fille qui déploie ses ailes et s’envole.

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